Le livre « Simple & Sinistre » de Pavel Tsatsouline

Le livre de Pavel Tsatsouline « Simple & Sinistre » reste une référence incontournable de l’école StrongFirst. Pour nous, les membres de la communauté StrongFirst, ce livre peut répondre aux questions que se posent les pratiquants de tous horizons. Des sédentaires de longue dates qui souhaitent retrouver leur santé physique, mais aussi les professionnels des métiers d’actions, dont voici un des témoignages.

Témoignage d’un homme de terrain

« …Les 38 derniers années de ma vie, j’ai servi dans le Corps des Marines des États-Unis. J’étais dans les rangs de la Force Reconnaissance et des unités des Opérations Spéciales. Mon boulot était, somme toute, simple : traquer et éliminer les ennemis. J’ai passé plus de la moitié de ma carrière à l’étranger. 66 mois en combat, puis 88 mois au Commandement. J’ai continué jusqu’au dernier jour en commandant un groupement interarmes des Forces Spéciales en Afrique de Nord-Ouest.

Une grande partie de ce style de vie tient à la possibilité d’avoir un programme de préparation/maintien en condition physique. Ce programme doit vous suivre partout : sur une base ou sur un navire, mais aussi dans la jungle, dans les montagnes et même dans la zone de combat. Comme beaucoup dans mon métier, j’étais prêt à essayer tout ce qui marche.

Livre « Simple & Sinistre » de Pavel Tsatsouline

Depuis que je l’ai rencontré en 2000, Pavel Tsatsouline est l’expert capable de vous donner la réponse non seulement la plus claire, mais aussi la plus concise possible. A ce jour, son livre « Simple & Sinistre » reste le meilleur choix pour les hommes de terrain comme moi.

Livre "Simple & Sinistre" de Pavel Tsatsouline

Laissant de côté toute fioriture, il donne un programme sensé, de grande valeur et qui apporte des résultats exceptionnels. Je connais Pavel depuis des années. Quand j’étais Commandant du Bataillon, je l’ai sollicité pour entraîner mes Marines de la Force Reconnaissance. Je lui fais confiance implicitement. Mais au fil de ma lecture, ce livre me fait constamment apprécier, encore et encore, l’éthique de travail de cet homme. Il est incroyablement compétent. En plus de la rare capacité de produire des résultats sûrs, il a cette authentique passion de donner au professionnel ce qu’il veut, ce dont il a besoin pour maintenir des hauts niveaux de performance.

Toutes ces années Pavel a gardé contact avec moi pendant que j’étais en OPEX. Il m’a toujours donné des conseils précieux et d’actualité, particulièrement quand je récupérais après avoir été touché par un IED. Quand j’ai pris ma retraite en Août 2013, le premier e-mail que j’ai reçu était de lui. Aujourd’hui, alors que je travaille dans la sécurité privé, je réalise que suivre ce que je viens juste de lire dans ce livre me servira le mieux durant cette nouvelle étape. C’est comme l’annonce le titre : simple et sinistre. Tout ce dont vous avez besoin est un Kettlebell et ensuite, un esprit fort, du muscle, de l’os, du sang et un cœur pour le pomper.

Le message

Qu’est-ce que je dirais aux membres de ma fratrie des Forces Spéciales ? Ce que je leur dis depuis des années : lisez ce livre, puis appliquez le programme en serrant les dents. Cela pourrait vous garder en vie. Qu’est-ce que je dirais à celui ou celle qui veut devenir fort(e), résistant(e) et mieux préparé(e) aux épreuves de la vie ? Investissez dans ce livre ! Vous vous apercevrez vous-même ce qu’un travail dur et une application focalisée peuvent vous apporter.

Semper Fidelis et StrongFirst !  »

– George H. Bristol, Colonel (ret.), United States Marine Corps

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En résumé

La traduction française sortira l’année prochaine. En attendant, pour apprendre les mouvements du livre « Simple & Sinistre » sous l’œil d’un instructeur qualifié, inscrivez-vous à notre stage « Kettlebell : Simple & Sinistre« .

Histoire du KettleBell

Il existe plusieurs théories sur l’histoire du Kettlebell, sur ses origines. Nous vous proposons celle qui nous paraît la plus crédible. Selon elle, le Kettlebell tire sa forme et sa matière des boulets de canon.

Histoire du Kettlebell : origines militaires

En effet, à partir du XVème siècle, l’artillerie s’est fortement développée en Europe, mais surtout en Russie. D’ailleurs, l’armée russe était la première au monde où l’artillerie est devenue une arme à part entière. C’était l’époque d’Ivan Le Terrible…

Histoire du Kettlebell : le "Tsar des Canons"
Le « Tsar des Canons » exposé au Kremlin, Moscou

Les responsables militaires ont vite compris la nécessité de standardiser la production des canons selon un nombre restreint de calibres. A partir de là, seules les ateliers agréés ont fabriqué des boulets, uniquement dans les tailles déterminées.

Qui dit la même forme, la même taille et la même matière (la fonte), dit le même poids. Il n’en fallut pas plus pour que les marchands commencent à utiliser ces boulets pour peser les matières en vrac sur les grands balanciers.

Au fil du temps, pour faciliter la manipulation, on y a rajouté une poignée. Souvent, c’était un anneau passant dans un œillet, mais aussi une anse. Ce qui a donné le Kettlebell que nous connaissons. D’ailleurs, le mot Guirya (Гиря, russe pour Kettlebell) désigne encore aujourd’hui l’outil sportif, mais également le poids utilisé pour peser ou calibrer les balances, sans distinction.

Les vieux Kettlebells
Les vieux « giryas » pour peser les marchandises

Mais qu’est-ce qu’un marché si ce n’est un grand rassemblement d’hommes ? Ces hommes qui ne peuvent s’empêcher de se lancer des défis et de comparer leurs prouesses physiques ? Le Kettlebell, un objet compact et lourd, convenait parfaitement pour devenir un étalon de mesure de la force.

Histoire du Kettlebell : les fêtes populaires

Très vite, le Kettlebell est devenu incontournable lors des fêtes populaires. Les hommes les plus forts rivalisaient d’imagination pour épater la galerie. Par exemple, Nicolaï Vakhtourov était capable de lancer d’une main un Kettlebell de 32 kg par-dessus un wagon des chemins de fer. Encore plus fort, Grigory Kascheev, un géant des bords de la Volga, avait l’habitude de relier 12(!) Kettlebells de 32 kg avec une chaîne. Ensuite, il hissait ce « collier » sur ses épaules, puis se promenait dans le marché. La liste et longue…

Histoire du Kettlebell : Grigory Kascheev
Grigory Kascheev

De là, il n’y avait qu’un pas pour que le Kettlebell fasse son apparition dans le monde du cirque. Depuis toujours, un Homme Fort faisait partie d’une troupe. Il soulevait et portait des objets lourds, mais aussi des animaux ou des hommes.  Il tordait des fers à cheval et brisait des chaînes. Et c’est tout naturellement qu’il a commencé à jongler les Kettlebells.

Encore aujourd’hui, dans la langue russe ce métier du cirque est appelé « jongleur de force » (силовой жонглёр). Le plus connu, Valentin Dikoul jonglait les Kettlebells de 75(!) kg. Il en a d’ailleurs fait une démonstration à la télé française il y a une vingtaine d’années.

Le XXème siècle et la naissance du mouvement sportif

A la fin du XIX siècle, les pratiques sportives de la haute société ont rejoint les jeux traditionnels populaires pour s’ouvrir au plus grand nombre. Des instances officielles ont commencé à les codifier, puis les transformer en disciplines sportives. Cela a conduit à l’apparition des Jeux Olympiques modernes.

En parallèle, l’emprise de la morale religieuse sur les rapports des gens avec leurs corps a connu un fort affaiblissement. Les idéaux antiques de la santé et de la beauté physiques ont vite gagné du terrain. La culture physique a quitté le cadre strictement militaire pour devenir un loisir de choix pour les citadins, chaque jour plus nombreux.

Les hommes forts du cirque ont suivi le mouvement. Les tournois de la lutte gréco-romaine ont pris la place centrale dans les représentations.  Fait intéressant : en Russie, on l’appelait « la lutte française » (французская борьба). Les meilleurs lutteurs devenaient des idoles du public connus dans toute l’Europe et les Etats-Unis.

Mais pour être au top, ils devaient sans cesse perfectionner leurs méthodes d’entraînement. Leurs fans les suivaient dans leurs pratiques. Et puisque deux sur trois de ces idoles étaient d’origine Russe et s’entraînaient avec des Kettlebells…

La culture physique en Russie

Peu de gens aujourd’hui connaissent le nom du Docteur Vladislav Krayevsky (Владислав Францевич Краевский, 1841-1900). Pourtant, c’est lui qui a révolutionné la pratique athlétique en Russie et même en Europe. Il était le premier à rassembler les données anthropométriques des athlètes, puis suivre leurs résultats et leur évolution en fonction de leurs pratiques. Ensuite, il élaborait pour eux les programmes d’entraînement les plus appropriés.

Histoire du Kettlebell : le Docteur Krayevsky
Le Docteur Vladislav Krayevsky
"Cabinet Athlétique" du Dr Krayevsky
« Cabinet Athlétique » du Dr Krayevsky

Son « Cabinet Athlétique » à Saint-Pétersbourg a vu défiler plusieurs des plus grands noms de la lutte et de la culture physique de l’époque. Par exemple, le « Lion Russe » Georg Hackenschmidt (1878-1968).

Histoire du Kettlebell : Georg Hackenschmidt
Le « Lion Russe » Georg Hackenschmidt

L’haltérophilie russe considère la date de la fondation de ce « Cabinet » (le 10 Août 1885) comme sa date de naissance. D’ailleurs, en russe, l’haltérophilie s’appelle « athlétique lourde » (тяжёлая атлетика), terme inventé par le Dr Krayevsky.

Il va sans dire que les Kettlebells tenaient une place de choix dans le « Cabinet » du Dr. Krayevsky, dans ses méthodes et ses programmes d’entraînement. Au début du XXème siècle, les plus grands athlètes : Arthur Saxon, Eugene Sandow, Ivan Poddubny, mais aussi de simples amateurs s’entraînaient avec les Kettlebells.

Histoire du Kettlebell : Arthur Saxon
Arthur Saxon
Histoire du Kettlebell : Ivan Poddubny
Ivan Poddubny

Les débuts de l’industrie du fitness

L’avenir semblait radieux… C’était sans compter avec la logique marchande qui a vite trouvé son chemin dans le monde du sport et du fitness. Thomas Inch (1881-1963) était un des athlètes les plus connus de la première moitié du XXème siècle, surtout pour son fameux haltère de 78 kg avec une poignée de plus de 6 cm d’épaisseur qu’il était seul à pouvoir lever au-dessus de la tête d’une seule main.

Ce qui est moins connu est qu’il était celui qui a introduit dans la pratique sportive les barres à disques de fonte qu’on utilise encore aujourd’hui mais également la vente des cours et de ces mêmes poids par correspondance. Il est dit qu’au sommet de sa gloire il avait une équipe de 70 vendeurs et 50 dactylos (eh oui, à l’époque il n’y avait de photocopieuses).

Naturellement, pour être rentable il se devait de privilégier les barres et les haltères à disques au détriment des Kettlebells. Tels étaient sa renommé et le succès de son affaire qu’en espace de 20 ans les Kettlebells sont presque disparus des salles de sport en Europe et aux Etats-Unis (la roue tourne : 70 ans plus tard les machines règnent dans les clubs de musculation, tandis que les barres et haltères sont relégués au fond des salles).

Ce n’était pourtant pas le cas en Russie. Coupée du reste du monde par la révolution bolchevique, la communauté athlétique russe a continué à utiliser les Kettlebells pour son plus grand bonheur.

La culture physique en URSS

La raison d’être de l’Union Soviétique était de « construire un monde nouveau ». Pour faire face à un tel défi il fallait être en forme. La culture physique, notamment la gymnastique avec Kettlebells avait tout le soutien de l’Etat. Autant dans la promotion des jeux populaires que dans les études scientifiques. La première étude sur les Kettlebells date de 1927.

Après la Deuxième Guerre Mondiale, la pratique des Kettlebells a pris une accélération supplémentaire. Toutes les unités de l’Armée Rouge ont été équipées avec des Kettlebells, toutes les salles de sport dans les clubs, les usines, les universités, mêmes les écoles.

Les premières compétitions officielles ont eu lieu en 1948. Plus de 200 000 participants y ont participé. Il a fallu attendre encore 38 ans (1985) pour voir le premier Championnat d’URSS officiel du GS (Гиревой Спорт, russe pour « Sport de Kettlebell »). En attendant, les Kettlebells étaient utilisés dans la préparation physique par les athlètes de quasiment toutes les disciplines.

Dans les années 50 les premiers athlètes soviétiques participent aux compétitions internationales – et gagnent!

Vassily Alexeev
La légénde de l’haltérophilie soviétique, Vassily Alexeev

En retard constant sur l’Occident dans le domaine pharmacologique, pour récolter des médailles ils ne pouvaient compter que sur leurs méthodes d’entraînement et de préparation physique. Et les Kettlebells tenaient – et tiennent toujours une place importante dans la préparation physique autant générale que spécifique dans la plupart des sports pratiqués en Russie.

L’effet bénéfique des exercices avec Kettlebells sur quasiment toutes les qualités athlétiques ne s’est jamais démenti. Il a bien au contraire été confirmé plusieurs fois par la science. Et pourtant, le reste du monde en est resté presque totalement ignorant jusqu’au Décembre 1998 quand Pavel Tsatsouline a publié dans le magazine américain « MILO » son article « Vodka, pickle juice, Kettlebell lifting, and other russian pastimes » (« Vodka, jus de cornichon, Kettlebells et d’autres passe-temps russes »).